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A propos

Tout commence il y a 11 000 ans sur les flancs des monts Taurus et Zagros entre l’Iran et la Turquie…

Les premiers agriculteurs-cultivateur décident que c’est quand même beaucoup plus simple de bien s’occuper d’Ovis Orientalis pour sa viande, puis pour son pelage, plutôt que d’aller lui courir après dans les montagnes…

 C’est lui Ovis Orientalis

 

A force d’éliminer les mâles les plus grands et les plus agressifs, de conserver ceux avec les toisons les plus touffues et les plus éclatantes, finissent par arriver, en quelques millénaires, les gentils moutons blancs, que nous connaissons tous (Ovis Aries Aries) !

L’élevage du mouton se propage ainsi dans le monde entier. Pendant des millénaires, en France, en Europe, dans le monde entier, les caractéristiques formidables de la laine pour l’habillement en font l’un des produits les plus prisés, elle représente une part importante des économies pré-industrielles. En Mésopotamie, berceau des premières civilisations, le commerce du « mouton laineux » et de sa toison est une des activités économiques principales.

En l’an 50, les Romains créent l’une des premières usines de transformation de la laine en Grande-Bretagne avec des installations de lavage, de filature et de tissage (le tricot en tant que tel apparaîtra beaucoup plus tard, vers la fin du Moyen-Age).

Durant tout le Moyen-Age et la Renaissance les nations européennes se mènent une guerre commerciale impitoyable pour contrôler les différentes étapes de production et de transformation de la laine et de ses dérivés (le « drap de laine »). Les élevages et les manufactures sont le plus souvent sous le contrôle de l’Etat ou des différentes noblesses nationales.

En Espagne par exemple, la laine - et plus particulièrement celle issue de ses mérinos - représente une source majeure de puissance économique pour le Royaume d’Espagne. Il conserve jalousement ses troupeaux et leur toison exceptionnelle, résultat d’une sélection intensive qui considère le poil avant la viande. Jusqu’à ce qu’en 1786, Louis XVI négocie « en scred » un troupeau auprès de son cousin le roi d’Espagne (qui constitue la base de la race actuelle « Mérinos de Rambouillet ») … Et surtout que Napoléon envahisse le pays quelques années plus tard et mettent fin à l’interdiction d’exporter. Le mérinos conquiert alors le monde entier.

L’autre grande nation du mouton à l’époque c’est la Grande-Bretagne, malgré une approche tout à fait différente : Alors que l’Espagne commercialise une laine homogène de très grande qualité en s’appuyant sur de grands troupeaux de mérinos qui transhument ensemble à travers toute la péninsule ; les éleveurs britanniques, sédentaires produisent une très grande variété de toisons, adaptés à des usages spécifiques et à leur région de production. C’est encore vrai aujourd’hui, et c’est pour ça que chez Maison Bonpoil vous trouverez de nombreuses laines issues de ces troupeaux « anciens » d’Outre-Manche qui présentent souvent des caractéristiques particulières.

En parallèle de cette industrie « de pointe » qui annonce déjà le capitalisme et ses dérives, dans les campagnes européennes la laine rythme la vie de nombreux villages. On élève les moutons, on tond, on carde, on file, on répare et on tricote pour se vêtir au quotidien, en France jusqu’au milieu du XXème siècle.

Bref, l’histoire de la laine est indissociable de celle de l’humanité, en témoigne la dépendance de nos moutons à notre égard : s’ils ne sont pas tondus leur laine pousse jusqu’à les étouffer…

Fast forward en 2021, la révolution industrielle, le pétrole, la mondialisation et la fast fashion sont passés par là. Les laines produites localement ont été remplacées par des matières plastiques issues de la pétrochimie (polyester, acrylique…). Le peu de laine qui compose encore nos vêtements provient généralement de mérinos élevés et tondus en Australie ou en Nouvelle-Zélande, avant que leur toison ne soit expédiée en Chine pour y être lavée et filée. Le fil sera transformé sur place ou envoyé dans le reste du monde pour finir sur nos épaules (et, après un aller-retour, sur celle des Australiens et des néo-zélandais).

Partout dans le monde les autres moutons sont le plus souvent uniquement élevés pour leur viande. La laine est considérée comme un problème logistique, dont le prix de vente couvre à peine les frais de tonte. La sélection s’opère sur des critères de productivité de la viande et les races à laine ou mixtes disparaissent ou perdent leurs caractéristiques petit à petit…

En quelques décennies les filières laines françaises et européennes ont quasiment disparues : des industries nationales, des troupeaux d’exception, des savoir-faire centenaires et une partie de notre quotidien ont été remplacés par des vêtements jetables.

Heureusement une poignée de résistants défend encore le « bon poil » en proposant des laines « éthiques » produites aussi localement que possible et en respectant les hommes, les animaux et l’environnement.

Bon, si vous êtes arrivés jusque-là c’est qu’on se ressemble un petit peu… Vous avez sûrement déjà envie de tout savoir (ou vous savez déjà tout) sur la laine et sur ses nouveaux héro.ïne.s… et si vous êtes vraiment comme nous vous ne devriez pas tardez à avoir envie de vous lancer pour essayer d’apporter votre pierre à l’édifice…

C’est comme ça qu’est né Maison Bonpoil : Après une enfance passée à tricoter et des études de design textile où c’est le tissage qui à sa faveur, Marion re-découvre le tricot, les moutons, la laine et leur histoire en Angleterre notamment au sein de la mercerie Loop et de Wool and The Gang où elle travaille en « débarquant » à Londres. De retour en France, elle y déniche également un monde de passionnés, des produits qui n’ont rien à envier au reste du monde et une communauté vibrante de tricoteuses.res (pour une fois on va commencer par les femmes !).

Le jour elle continue de faire ses armes à la Bien-Aimée, mercerie bien connue à Paris. La nuit (bon, surtout pendant les vacances) elle parcourt la France et Instagram pour rencontrer éleveurs et teinturières, visiter les filatures et les micro-usines avec Arthur (son mari, qui écrit ces lignes)… on vous racontera bientôt tout dans le blog.

Maison Bonpoil est née de cette envie de mettre en avant les hommes, les femmes et les animaux qui font la filière laine en France et en Europe et qui, à leur échelle mais radicalement, participe à la création d’un monde plus… doux ?

Pas de question à se poser lorsque vous achetez chez Maison Bonpoil, toutes nos laines suivent un processus de sélection « officieux » mais très strict :

  • La majorité de nos fournisseurs sont des individus passionnés qui partagent (et sont la source de) nos convictions, de très petites entités qui travaillent à partir des toisons de leur propre troupeau ou des toisons des éleveurs de leur région.
  • Pour quelques produits les origines de la laine sont plus diverses. C’est parfois le cas pour des marques un peu plus importantes, qui bien que très souvent pionnière de cette nouvelle filière laine, doivent importer des toisons pour faire face au manque de matière première française et européenne. Ces fournisseurs sont eux-mêmes engagés concrètement pour une production dans le respect des hommes, des animaux et de l’environnement. De nombreuses informations sont disponibles dans l’onglet « Fournisseurs », sur les pages des différents produits ou directement sur les sites des fournisseurs.
  • Toutes les étapes de transformation de nos produits ont lieu en Europe sauf pour quelques produits BC GARN qui bénéficient dans ce cas du label GOTS (un « vrai » label, pertinent et mis au point avec des passionnés, pour en savoir plus).

Pour toutes questions ou demande d’information n’hésitez pas à nous écrire via « Contact » en bas de chaque page, ou encore mieux venez nous voir à la « Maison », à deux pas de la gare de Moret-Veneux-les-Sablons, 45 minutes de train depuis Gare de Lyon.